Mots de la marraine du concours

"Nous pensons que les acteurs culturels doivent être engagés dans une politique d’animation dynamique, continue et originale, spécialement durant ce temps de confinement où les esprits sont préoccupés et anxieux. Depuis le début de la pandémie, les plus jeunes sont tous les jours confrontés aux gestes barrières et au port du masque. Alors ils vont dessiner des masques, à leur façon, à leur manière, en toute liberté !!! Nous voulons que ce jeu-concours soit un outil de sensibilisation des enfants à leur patrimoine culturel et historique, avec pour objectif de favoriser la découverte de cet héritage qu’ils doivent connaître, s’approprier et préserver. La passation de nos trésors patrimoniaux se fera à travers notre jeunesse. Merci aux parents de les encourager !


Et face au Coronavirus, surtout n’oubliez pas les gestes barrières pour préserver votre santé et celle de votre entourage.

Carole BORNA
Marraine du concours

MOTS DU PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION ILÉ YA AFRICA

"Donner la parole aux enfants. Tel est le souhait de l’association ilé ya Africa. Nous nous intéressons particulièrement aux enfants car ils sont les bâtisseurs de demain, sans oublier qu’ils ont le droit de grandir dans un environnement favorable à leur épanouissement où ils ont leurs mots à dire. Cette philosophie nous a amenés à organiser, avec d’autres passionnés de l’art et de la culture, un concours de dessins. Ce concours s’intitule ‘’les masques de nos héros’’. Nous voulons que les enfants puissent exprimer en images leur vision de l’actualité marquée par cette pandémie qu’est le Covid-19, et qui n’épargne personne sur la planète Terre. Cette planète Terre que nous leur laissons en héritage. A quoi ressemble pour eux à travers les masques de nos héros, défenseurs de la Nation, cette lutte contre la pandémie ? Ce concours vient à point nommé pour redonner de la couleur à notre quotidien qui s’est aujourd’hui assombri. Chers amis, à vos crayons et à votre imagination et que les meilleurs gagnent !!!

Erick AHOUANSOU
Président de ilé ya Africa

MEMBRES DU JURY

CAROLE BORNA

Curatrice, Promoteur culturel, Présidente du jury

Komi AGBOGUIN

ArtiSTE VISUEl, Consultant en communication digitale

Christine CHABI KAO

scénariste et réalisatrice de films et documentaires

Francel DAGBETO

Artiste-Peintre et Caricaturiste

ERICK AHOUANSOU

Artiste-PEINTRE, MUSICIEN, Collaborateur Architecte

Les Héros

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Behanzin
La statue du roi BEHANZIN à Abomey.
Béhanzin [Dominique Swarz et BNF]
Béhanzin [New York Public Library (1895)]
Béhanzin [New York Public Library]
Béhanzin [Bibliothèque du Congrès ]

BEHANZIN - ROI DU DAHOMEY

Béhanzin (Gbêhanzin), né en 1845 et mort en 1906, est le roi d’Abomey le plus célèbre. Fils du roi Da-Da Glèlè Kini-Kini, il est d’abord connu à partir de 1875 sous le nom de Prince Kondo ou Le Requin.

Roi du Dahomey de janvier 1890 au 15 janvier 1894, date de sa reddition ,il est envoyé en exil par le gouvernement français. Il décède loin de chez lui, à Alger le 10 décembre 1906.

Personnage historique, entouré de mystère, il est considéré comme un héros national par les béninois car l’histoire retiendra ses combats et sa résistance sans faille à la colonisation.

La légende attribue en effet  à Béhanzin des  pouvoirs magiques : grâce à des amulettes qu’il portait sur lui il était capable de faits qui relèvent du surnaturel.

À partir du 30 août 1893, le général Alfred Dodds engage de nouveaux combats contre les troupes du royaume. Le roi Béhanzin essaie de négocier à plusieurs reprises avec les français qui jouent un double jeu .Traqué comme un animal, le roi se réfugie à Akajakpa.

En janvier 1894 lorsque le conflit prend fin et que  le roi Béhanzin signe sa reddition après le discours de Goho, il est conduit au général Dodds. Le traité du 29 janvier 1894 marque la fin du conflit et la fin du règne de Béhanzin. 

Déchu, il se soumet de son plein gré avec pourtant une condition, celle de  pouvoir se rendre en France pour rencontrer le président Sadi Carnot, qu’il considère comme le « roi des Français », afin de trouver un accord pour sauver son pays.

Mais au lieu de cela  il est capturé et aucune rencontre entre lui et le président français n’est jamais organisée.

Le 30 mars 1894, Béhanzin est déporté par les autorités coloniales dans l’île de la Martinique. Avec sa famille et une partie de sa suite, il vit dans une résidence surveillée sur les hauteurs de Fort de France. Les années passant, malade et affaibli, il quitte la Martinique en 1906 après de multiples requêtes  pour rejoindre sa terre natale, requêtes  qui sont toutes refusées. Il est déplacé en Algérie alors sous tutelle française. Le gouvernement français ne voudra jamais que l’ex-souverain puisse regagner son pays où son souvenir est encore trop frais dans les mémoires. Loin des siens et de son royaume, Béhanzin continue, sans relâche, à relancer le gouvernement français pour retourner dans son pays natal. De façon régulière, il adresse des courriers au président de la République française, dans lesquels il réitère son vœu de revoir le pays de ses ancêtres.

Après avoir résidé sous surveillance dans la ville de Blida, sa santé se dégradant de plus en plus, il est transporté à Alger où il décède d’une maladie pulmonaire le 10 décembre 1906. Sa dépouille retrouve le sol du Dahomey en 1928, à la suite de démarches entreprises par son fils Ouanilo.

Béhanzin est solennellement inhumé à Djimé, le 9 mars 1928.

Béhanzin / P. Kauffmann. Pellerin et Cie
Amazones

LES AMAZONES DU DAHOMEY

Dans l’ancien Royaume du Dahomey, aujourd’hui appelé le Bénin, à partir du XVIII ème siècle, une armée de  fières guerrières fait voler en éclats tous les clichés que l’on pouvait avoir sur les femmes. Courageuses et  intrépides, entraînées au combat, elles ne reculent ni devant l’ennemi, ni devant la mort. On les appelle les Mino, nos mères, et plus tard les colons leur donneront le nom d’Amazones.

« Vaincre ou mourir », telle est leur devise. Elles s’illustrent surtout et gagnent leur titre de noblesse à partir du XIXe siècle. A cette époque, le roi Ghézo, qui venait de monter sur le trône, constitua une troupe d’élite entièrement féminine et dévouées à sa sécurité́. Il choisit les plus vigoureuses  pour les transformer en combattantes aguerries. Les années suivantes, les femmes du royaume commencèrent elles-mêmes à s’engager.

Dès leur plus jeune âge, les amazones suivent un entraînement intense au combat et au maniement des armes. Elles sont conditionnées psychologiquement pour résister à la douleur et ignorer la pitié́. Craintes et respectées par la population, elles avaient un statut presque sacré.A la fin du XIXe siècle, au moment où̀ elles rencontrent les troupes françaises, les bataillons d’amazones sont constitués de 4 000 à 5 000 recrues, soit le tiers de l’armée du Dahomey. Le bataillon des «Aligossi» est chargé de la défense du palais, celui des «Djadokpo» constitue l’avant-garde de l’armée régulière. Les guerrières qui manient le fusil forment le gros des troupes, elles portent une cartouchière et aussi un sabre court et un poignard. Viennent ensuite les archères, redoutées pour leur habileté́ et leur précision, puis les terribles faucheuses. Celles-ci sont armées de longues machettes tranchantes, formées d’une lame de 45 centimètres montée sur un long manche qu’elles manient à deux mains. Mais le groupe le plus redouté est celui des chasseresses qui sont sélectionnées parmi les plus fortes et les plus corpulentes. Elles excellent dans les combats au corps à corps et n’hésitent pas à couper la tête à leur ennemi. Les guerrières  sont vêtues de longues tuniques ceinturées à la taille, portées sur un pantalon bouffant. Leur crâne est rasé et surmonté parfois d’un bonnet  ou d’un serre-tête en tissu.

Cependant, le général Alfred Dodds, à la tête de milliers de soldats français, finira par avoir raison de leur ténacité. Le 17 novembre 1892, la cité d’Abomey est prise par les Français. Cette défaite  signe alors la fin des  Amazones et entraînera aussi la fin du Royaume du Dahomey.

Les amazones du Dahomey
Le roi Toffa 1er dans son palais
Toffa et Béhanzin
Le roi Toffa 1er dans son palais
statue du roi toffa 1er (tessilimikamarou, sept. 2018) Porto-Novo

TOFFA 1er ROI DE HOGBONOU

Toffa, fils du roi Sodji (1848 – 1864), né dans les années 1850 et mort en 1908, est le roi le plus célèbre de Porto Novo. Son règne qui dura de1874 à 1908 fut marqué par une série d’alliances et de conflits avec des voisins proches, militairement puissants et ambitieux dans son pays le Dahomey et avec des contrées plus lointaines comme la France ou l’Angleterre.

Toffa  s’exile à Tori puis à Lagos au Nigéria, lorsque son adversaire  Mikpon s’empare du pouvoir en 1864.Toffa se rend à la cour d’Abomey où il est bien accueilli par sa Majesté Glèlè, roi du Dahomey.

Deux ans plus tard, Toffa revient à Porto Novo avec un renfort de plus de 200 soldats du royaume du Dahomey. Il chasse le prince Sognigbé qui s’apprêtait à prendre la succession du trône  et il est sacré roi le 16 septembre 1874.Comme il se méfie des anglais et de leur armée, Toffa signe en 1882 avec les français un protectorat. Aidé par l’armée française, Toffa peut conquérir Dangbo et Kétonou qui avaient été soustraits du royaume.

La légende raconte que Toffa rencontra l’esprit du tonnerre un jour, venu pour le terrasser dans son palais. Grâce à des gris-gris et à des incantations magiques qui troublèrent l’ennemi, Toffa sorti vainqueur de ce corps à corps violent mais il gardera dans son dos une marque indélébile de cette redoutable confrontation avec l’esprit du tonnerre.

« Je suis le roi suprême, je suis le lion, ce n’est pas avec la main qu’on attrape le serpent venimeux »furent les paroles qu’il prononça.

 

Une fois installé sur le trône par Glèlè, son cousin et roi du Dahomey, il entreprit de consolider son pouvoir, d’assurer la sécurité du territoire de son royaume et d’œuvrer pour la prospérité de ce dernier. Il régna en s’appuyant non seulement sur son partenaire français, mais aussi sur les religions traditionnelles qu’il n’opposa pas aux religions importées et aux  sociétés secrètes. Il accordait à tous les dignitaires  de son royaume des avantages pour les transactions commerciales afin de s’assurer leur fidélité.

En 1889, le  royaume du Dahomey lance son  armée contre Porto Novo. Toffa est obligé de se replier dans sa cité. Les lieux et son palais Honmè  sont alors saccagés et pillés. L’armée française protège Toffa et plus tard en échange Porto Novo servira de base à la première et la seconde guerre du Dahomey de 1890 à 1894.

Le souverain ne manquait pas d’ambitions pour son royaume ; il exhortait les français afin d’accélérer  le tracé définitif de ses frontières, ainsi que pour réaliser les travaux d’urbanisation de sa capitale.

Mais sa position à la longue fut fragilisée  par la cession à la France de ses droits de douane contre une pension annuelle qui lui était versée mais qui ne connut jamais d’augmentation malgré ses nombreuses réclamations. Plus tard son pouvoir judiciaire lui fut retiré progressivement, ainsi que son pouvoir décisionnaire. Extrêmement remonté  par le traitement qui lui était réservé dans son propre royaume qui ne cessait de prospérer malgré tout et qui était même devenu le poumon de l’économie de la colonie du « Dahomey et Dépendances » formée en 1894, Toffa prit la téméraire décision de remettre en cause toutes les conventions qui le liaient à la France et dont il demanda la complète révision, mais en vain.

Sans surprise le combat fut perdu d’avance.

Après la naissance de la colonie française du Dahomey, Porto Novo garda officiellement son indépendance mais finit par la perdre malgré les tentatives finalement infructueuses de Toffa.

A cette époque la prospérité économique était au rendez-vous  et des progrès importants furent accomplis dans la vie de la cité, mais c’est totalement démuni et affaibli  à cause du comportement  de son partenaire européen que le roi Toffa mourut le 7 février 1908.

statue Natitingou
KABA - Centenaire de Kaba
KABA

KABA LA RESISTANCE

C’est dans le contexte de la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui vit s’opposer entre autres la France à l’Allemagne, que l’administration coloniale de l’Afrique Occidentale Française (AOF) décida d’imposer la conscription aux territoires qu’elle occupait en Afrique. Ce qui va déclencher les hostilités et mettre le feu aux poudres quand KABA, chef d’un petit village du nom de Pélima au Bénin,ancien Dahomey, refusa de laisser partir l’un de ses proches pour combattre aux côtés des troupes francaises.Pour Kaba les fils de l’Atacora n’étaient en rien concernés par cette guerre qui se déroulait à des milliers de kilomètres de chez eux et il trouvait anormal que les africains soient impliqués dans un combat qui ne les concernait pas au point d’en mourir.
Les troupes coloniales vont recevoir l’ordre de mettre hors d’état de nuire ce récalcitrant de KABA qui risque de compromettre leurs projets. C’est à partir de cet évènement que débuta en 1914 la guerre de résistance qui va durer trois ans. L’opération fut baptisée la « Colonne de l’Atacora ». Des combats se dérouleront en effet dans une bonne partie du massif montagneux de l’Atacora,de façon spécifique à Wooroukou, Tambou, Niarissera, Kouaténa, Tayakou et Data-Woory et sur les territoires des communes actuelles de Kouandé, Natitingou, Toucountouna, Tanguiéta et Cobly. Le Capitaine Renard fut désigné spécialement pour mater la résistance et rétablir l’ordre.
KABA résista aux assauts de trois compagnies d’infanterie pourtant mieux armées que ses guerriers et lui. Le Commandant Renard devant les difficultés imprévues dut faire appel à des renforts en armes et en combattants de Dakar, alors capitale de l’AOF, mais aussi de Niamey au Niger pour venir à bout des troupes de Kaba.Le dernier affrontement des plus sanglants donna lieu à ce que l’on appelle le massacre de Data-Woory, le 7 Avril 1917.
Cette journée fut le théâtre d’un carnage sans nom. Les archives de l’administration française font état de centaines de cadavres déchiquetés dans leurs rangs et de nombreux hommes faits prisonniers par l’armée de Kaba.Devant cette résistance inattendue, les adversaires furent obliger de reconnaitre et d’admirer le courage de KABA et de ses guerriers.Kaba avait mené les opérations avec une grande intelligence et une fine strétégie.Mais par-dessus tout , l’exploit de KABA et son grand mérite fut de fédérer la multitude de peuples de l’Atakora et de les réunir sous ses ordres autour de deux idéaux communs et galvaniseurs qui sont l’indépendance et la liberté.
Ce qui fait la singularité du personnage de Kaba et nourrit la légende, c’est qu’aucun soldat des troupes coloniales françaises ne l’a jamais entrevu ne serait-ce que quelques instants et donc par conséquent ne peux confirmer ce à quoi il ressemblait physiquement et cela jusqu’à sa disparition. L’homme avait su utiliser à bon escient et à son compte la tactique de la guérilla qui consiste à ne pas se dévoiler entièrement devant l’adversaire mais à le surprendre. Le Commandant Renard et ses hommes ne firent que déduire que Kaba était mort dans les bombardements de la grotte de Data-Woori sans que son corps ait été formellement identifié dans les décombres. Mais pour son peuple et pour ce qui est des traditions orales, le résistant KABA n’a pas été tué: il a tout simplement disparu de façon mystérieuse.
La guerre de résistance de KABA durant toutes ces années contre la colonisation française a laissé de nombreux vestiges dont certains sont encore très bien conservés à ce jour. Il s’agit des constructions en pierres sèches qui servaient de remparts et abritaient les guerriers et leurs familles, d’armes, artefacts et autres objets de la vie quotidienne. Sont encore visibles les hauts-fourneaux qui servaient à fondre le minerai de fer pour forger les armes des combattants et des galeries souterraines. Beaucoup de visiteurs se rendent aujourd’hui sur ces lieux historiques pour observer ses sites de combats et mieux comprendre l’histoire de cette résistance de Kaba et ses fiers guerriers.